Épilogue du livre XI
"Tout parle dans l'Univers, il n'est rien qui n'ait son langage."
Fiami a partagé cette fable avec le peintre de la nature Aloys Perregaux dans son atelier.
Épilogue du livre XI
par Jean de La Fontaine
C’est ainsi que ma muse, aux bords d’une onde pure,
Traduisait en langue des dieux
Tout ce que disent sous les cieux
Tant d’êtres empruntant la voix de la nature.
Truchement de peuples divers,
Je les faisais servir d’acteurs en mon ouvrage:
Car tout parle dans l’univers;
Il n’est rien qui n’ait son langage.
Plus éloquents chez eux qu’ils ne sont dans mes vers,
Si ceux que j’introduis me trouvent peu fidèle,
Si mon œuvre n’est pas un assez bon modèle,
J’ai du moins ouvert le chemin:
D’autres pourront y mettre une dernière main.
Favoris des neuf sœurs, achevez l’entreprise:
Donnez mainte leçon que j’ai sans doute omise;
Sous ces inventions il faut l’envelopper.
Mais vous n’avez que trop de quoi vous occuper:
Pendant le doux emploi de ma muse innocente,
Louis dompte l’Europe; et d’une main puissante,
Il conduit à leur fin les plus nobles projets
Qu’ait jamais formés un monarque.
Favoris des neuf sœurs, ce sont là des sujets
Vainqueurs du Temps et de la Parque.
Commentaire
par Fiami
La Fontaine a écrit 2 épilogues: à la fin du livre VI et en conclusion du livre XI.
Ces 2 textes sont des commentaires directs de La Fontaine sur ses fables. Il y partage ses objectifs avec ses lecteurs.